En 2020, les salaires sont le premier sujet de négociation collective

Sans présence syndicale, la négociation salariale dans les entreprises est quasi absente. @Sigrid Olsson/AltoPress/Maxppp
Près d’une entreprise sur dix a négocié sur les rémunérations, près de deux fois plus que sur les conditions de travail.

Si la crise sanitaire a suscité un regain de discussions en entreprise sur les horaires et les conditions de travail, les salaires ont été, en 2020, le premier sujet de négociation. C’est ce que rapporte la Dares, le service statistique du ministère du Travail, dans une publication de juillet 2022. À cette date, près d’une entreprise sur dix avait engagé des discussions sur ce thème (9,4  %), contre 2,7  % sur l’emploi, 3,6  % sur l’égalité professionnelle, 5,1  % sur les conditions de travail ou 6,1  % sur le temps de travail.

Pas de négociation sans délégués syndicaux

Ce qui l’a permis  ? La présence de délégués syndicaux, rapporte très clairement ce document. Incontestablement, leur présence est capitale à la tenue, ou non, de négociations salariales dans une entreprise. Et son autrice, Mathilde Pesenti, d’en administrer la preuve  : 84,9  % des entreprises pourvues de délégués syndicaux ont négocié en 2020 sur ce thème, contre 34,3  % de celles ne disposant que d’élus.

Hormis l’égalité professionnelle, explique-t-elle encore, aucun autre thème ouvert à la négociation ne présente un tel décalage. La tenue de discussions sur l’amélioration des conditions de travail, la protection sociale ou la formation professionnelle ne dépendent que très faiblement de la présence ou non de délégués syndicaux.

Autre élément dans ce document  : les facteurs qui ont poussé plus de la moitié des entreprises à n’ouvrir aucune discussion. Pour 54,1  % des employeurs, l’application pure et simple de la convention collective de branche suffisait. Au-delà, «  l’absence d’interlocuteur est un motif avancé par 22  % des employeurs  »… suivi de près par le sentiment d’inutilité d’une négociation (20,2  %). Une perception d’autant plus importante par les chefs d’entreprise que la structure qu’ils dirigent est petite (21,3  % pour les entreprises de moins de 50 salariés contre 8,2  % pour les entreprises de plus de 300).

Martine Hassoun