L’agenda culturel – octobre 2022

Une attaque au vitriol

Pauline Legros et Christèle Tual dans Sur la voie royale, d’après un texte d’Elfriede Jelinek (PHOTO DR)

L’Autrichienne Elfriede Jelinek est une femme de lettres qui ne mâche jamais ses mots. En 2004, le prix Nobel de littérature récompensait, à juste titre, son courage et son talent ombrageux. Le metteur en scène Ludovic Lagarde, expert en écritures hardies, s’est emparé d’un de ses textes récents, Sur la voie royale, un brûlot imparable, porteur d’une magnifique colère contre l’état du monde.

«  Que sommes-nous devenus, écrit-elle notamment, pour placer volontairement – “démocratiquement”  ! – un clown pareil, Trump, à la tête des États-Unis  ?  » À côté de ce Donald-là, on trouvera sur scène l’évocation d’autres figures connues dans diverses catégories  : Freud, Œdipe, Peggy la cochonne et le philosophe Martin Heidegger, le tout avec une composition musicale très enlevée de Wolfgang Mitterer.

  • Jusqu’au 22 octobre, au Théâtre 14, 20 avenue Marc-Sangnier, à Paris 14e.

FILM

L’ombre de Goya

De José Luis Lopez-Linares (France-Portugal-Espagne)

Le réalisateur a offert à Jean-Claude Carrière (1931-2021), ami et scénariste de Buñuel, entre autres figures artistiques majeures, un périple de dix jours sur les traces du génie de la peinture Francisco Goya (1746-1828), à Madrid, Saragosse et Bordeaux. Carrière donne à penser sur le peintre de cour des débuts, qui devint plus tard celui du grotesque, des désastres de la guerre, de la misère, de la violence et de la honte. Ce documentaire constitue une espèce de miracle d’intelligence partageuse.

Jean-Pierre Léonardini