Avec les mobilisations du 8 et 17 mars, cinq revendications au cœur du social : un dossier d’Options

Options - Le journal de l'Ugict-CGT
8 mars 2022 : la manifestation parisienne a réuni 35 000 personnes © Ugict-CGT
En cette période électorale focalisée sur les questions racistes et d’immigration, il y urgence à replacer les priorités sociales et salariales au centre du débat.

« Nous sommes debout, nous voulons décider de nos vies. Nous voulons l’égalité. » En ce début de mois, la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le 8 mars, a marqué l’accélération des mobilisations visant à remettre les questions sociales et salariales au centre du débat, avec un appel à la grève féministe lancé par un collectif de syndicats et d’associations, dont la Cgt et ses organisations. Dans le cadre de plus de 200 initiatives, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont mobilisées partout en France. Dans un tweet, Sophie Binet, secrétaire génarale de l’Ugict-Cgt et pilote du collectif Cgt femmes-mixité, annonce 35 000 manifestantes et manifestants à Paris « pour exiger l’égalité salariale, la fin des violences et la paix ».

Dès le 17 mars, à l’appel des organisations syndicales Cgt, Fsu, Solidaires, Unsa, et des organisations de jeunesse Fidl, Mnl, Unef et Vl, une nouvelle journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles exigera « l’augmentation des salaires et des pensions : une priorité pour toutes et tous », dans le prolongement des nombreux débrayages et mobilisations organisées dans les entreprises, les services ou les branches professionnelles. En proposant de construire, également dans l’unité, les conditions d’un grand 1er mai, l’appel pose l’urgence d’une « revalorisation immédiate de l’ensemble des salaires dans le secteur privé et des traitements dans la fonction publique, en commençant par les plus bas salaires », d’autant plus nécessaire que la guerre en Ukraine va avoir des conséquences sur le pouvoir d’achat de tous.

La réindustrialisation c’est possible… la preuve par Thales

À quelques semaines de l’élection présidentielle, Options a donc retenu, dans cette nouvelle édition, cinq des priorités au cœur du social. D’abord la reconquête de l’industrie, alors que sa part dans le Pib a chuté de dix points en dix ans. Notre dossier débute ainsi par un reportage illustrant le combat mené par la Cgt Thales et sa filiale Trixell à Moirans, dans l’Isère. À force de ténacité et de détermination, elle a réussi à sauver l’activité imagerie médicale du groupe. L’article relate la démarche : « Ce n’est qu’en s’ouvrant aux militants des autres entreprises et, avec eux, à la société civile, que l’on peut rassembler l’intelligence nécessaire à la définition d’un projet industriel »,  assurent les représentants de la Cgt.

Deuxième priorité : la lutte contre les idées d’extrême droite. Plus que jamais, le collectif de la Cgt est à l’œuvre pour  déconstruire les logiques de haine et redonner sens et fierté aux valeurs de solidarité, de justice et d’égalité : deux axes de la feuille de route proposée lors de journées d’étude ou de formation. Au croisement de la réalisation de l’égalité, de la revalorisation des salaires et de la reconnaissance des qualifications, les métiers du soin et du lien font, depuis mars 2021, l’objet d’une campagne de la Cgt, en relais de celle initiée par la Confédération syndicale internationale (Csi). Ce thème fait l’objet de la troisième priorité que nous avons retenue. En associant des universitaires à sa démarche, dans le cadre d’une étude pilotée par l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires), il s’agit notamment d’examiner de plus près le contenu du travail de 14 métiers du « soin et du lien », les ressentis des professionnelles concernées, et d’identifier l’ensemble des compétences non reconnues.

Propositions pour faire avancer l’égalité femmes-hommes

« Le 8 mars, c’est tous les jours », conclut l’article sur les métiers du soin et du lien. Ce qui nous mène logiquement à notre quatrième priorité : l’égalité femmes-hommes. Pour l’illustrer, nous avons choisi de nous rendre à Radio France qui, avec une note de 98/100, en 2021, à l’index de l’égalité professionnelle, peut apparaître comme un bon élève. Un leurre : « À ce rythme, il faudrait vingt et un ans pour résorber totalement les écarts de salaire à Radio France », met en évidence un avis du Cse. Conditions de rattrapage des salaires, renégociation de l’accord égalité, mixité des recruteurs… les élus Cgt de Radio France font un certain nombre de propositions pour avancer.

Le plein emploi constitue enfin la dernière priorité. Depuis que le taux de chômage s’établit à 7,4 % de la population active, l’atteindre est d’ailleurs le nouvel objectif que s’est fixé le gouvernement. Mais de quel emploi parle-t-on ? À quel prix ? À celui de l’explosion de la précarité, dont les effets sont aggravés par la réforme de l’assurance chômage : en France, désormais, on peut travailler et être pauvre.

C. L.