Du sport à la Duduchothèque à l’heure des Jeux olympiques

À Châlons-en-Champagne, sa ville natale, Cabu, maître du dessin satirique, fait l’objet d’une épatante exposition sur l’un de ses thèmes favoris.

Édition 054 de [Sommaire]

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© V. Cabut

L’exposition «  Vive le sport  !  », que propose en ce moment la Duduchothèque, établissement voué à la mémoire de Jean Maurice Jules Cabut, dit Cabu (né le 13 janvier 1938 à Châlons-en-Champagne), comporte pas moins de 200 dessins. La précision du trait et la drôlerie impayable de cet artiste, qui fut à la fois journaliste, dessinateur humoristique, peintre, écrivain et auteur de bande dessinée, ne peuvent être oubliées.

On sait qu’à première vue la pratique du sport n’était pas, comme on dit, sa tasse de thé. Les dessins sélectionnés mettent formidablement en boîte l’idéologie de l’universel championnat, qu’il brocardait avec joie, comme il le fit avec l’armée, à travers le personnage de l’adjudant Kronenbourg.

Écarts racistes et viriloïdes

On retrouve, par bonheur, son longiligne Grand Duduche, ployant sous des haltères, les moustaches du Beauf à bide proéminent, la dinguerie du Tour de France, l’engouement planétaire en faveur du football, le dopage et tous les écarts racistes et viriloïdes que peut charrier l’impératif catégorique de l’effort musculaire à tout prix.

Cabu, à 14 ans, avait remporté le premier prix d’un concours de dessin organisé par le magazine Cœurs vaillants. Il n’a plus jamais abandonné la plume et le crayon, que ce soit pour Paris Match, Hara-Kiri, Le Canard enchaîné, entre autres nombreux organes de presse. C’est à Charlie Hebdo qu’il fut assassiné par les frères Kouachi, fanatiques au cerveau brûlé, le 7 janvier 2015. Il repose au cimetière de l’ouest, à Châlons-en-Champagne. 

Le Grand Duduche et le Beauf, personnages châlonnais 

Le parcours de l’exposition s’effectue sur trois niveaux. Au rez-de-chaussée, sont face à face le Grand Duduche et le Beauf, personnages châlonnais parfaitement antinomiques. Au 1er étage, il n’y a pas moins de 56 dessins sur les Jeux olympiques, le Tour de France, la célébrité des sportifs… Au dernier étage, 51 dessins illustrent le football, tout en dénonçant le racisme, la richesse des joueurs, la misère des spectateurs… 

Véronique Cabut, son épouse, commente  : «  Pour Cabu, qui dessinait les corps en mouvement comme personne, le sport était un véritable enjeu graphique.  »