Aides publiques : Un jeune, une solution ?

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La ministre du Travail, Élisabeth Borne, a rendu visite aux jeunes en apprentissage chez Sulky-Burel, à Châteaubourg (Ille-et-Vilaine), le 6 février 2021. Photo : Joël Le Gall/Ouest France/Photopqr
Le dispositif gouvernemental permet au taux d’emploi des jeunes de ne pas sombrer un peu plus, sans créer des modes d’accès à l’emploi plus fiables ni plus pérennes.

« Ne laisser personne au bord de la route » : fin juillet 2020, prenant acte du fait préoccupant que les jeunes sont exclus du « quoi qu’il en coûte », le gouvernement lance le dispositif Un jeune, une solution. Doté de 6,7 milliards d’euros, il ambitionne de multiplier les mesures pour accompagner les 16-25 ans dans la sortie de la crise sanitaire.

Un an et demi plus tard, 2,6 millions de jeunes auraient, dans ce cadre, bénéficié d’un emploi, d’une formation ou d’un accompagnement vers l’insertion professionnelle. Dès janvier 2021, 520 000 avaient été recrutés, soit en Cdi, soit en Cdd d’au moins trois mois, grâce aux 4 000 euros de dispenses de cotisations patronales accordés aux employeurs.

800 000 « éloignés de l’emploi » accompagnés

Au 1er mai 2020, avec le soutien des missions locales, de Pôle emploi et de l’Apec, 800 000 « éloignés de l’emploi » (décrocheurs de l’enseignement supérieur, non-qualifiés, chômeurs) avaient, pour leur part, bénéficié d’un accompagnement vers une embauche ou une formation qualifiante, par le biais de dispositifs tels que le Parcours emploi compétences, le Contrat initiative emploi, ou la Garantie jeune – y compris dans des secteurs porteurs tels que la transition écologique ou le numérique.

Le gouvernement semble avoir intégré à son bilan les plus de 500 000 contrats d’apprentissage signés en 2020, pourtant distincts du dispositif, les entreprises bénéficiant d’aides allant de 5 000 à 8 000 euros selon le niveau de qualification du poste occupé…

Plus de 15 000 offres de jobs étudiants

Le dispositif Un jeune, une solution bénéficie depuis novembre 2020 d’une plateforme en ligne où les entreprises publient leurs offres d’embauche. Plus de 15 000 offres de jobs étudiants (de moins de quinze heures par semaine) viennent aussi d’être mises en ligne, chiffre modeste quand on sait qu’un étudiant sur cinq a besoin de travailler pour subvenir à ses besoins.

Le dispositif coûte plus que prévu (9 milliards d’euros à ce jour) et va continuer à étoffer son éventail de mesures. D’après le rapport de la Cour des comptes publié en septembre, il permet certes de maintenir à flot un niveau d’embauche, évitant que trop de jeunes ne sombrent dans la précarité, la pauvreté ou l’exclusion, mais à un coût élevé et sans garantie sur le long terme.

Un encouragement au travail gratuit

Le gouvernement continue néanmoins de faire davantage confiance aux employeurs qu’aux jeunes, toujours soupçonnés de se contenter d’être assistés plutôt que de travailler – quoi qu’il leur en coûte. En témoignent les déclarations sur l’évolution, d’ici à mars 2022, de la Garantie jeunes (environ 200 000 allocataires) vers un « revenu d’engagement » qui pourrait concerner jusqu’à 1,5 million de personnes.

Il serait compris entre 300 euros – pour ceux qui ont un travail précaire ou sont rattachés au foyer fiscal de leurs parents – et 500 euros pour les sans-emploi. Pour Emmanuel Macron, ce revenu d’engagement doit être conditionné non seulement au suivi d’une formation professionnalisante mais aussi à des missions de service civique ou à des actions de volontariat… autrement dit, du travail gratuit. Le débat sur la nécessité de les faire accéder avant 25 ans à un Rsa ou à toute autre forme de revenu social attendra…