Infographie : la France touchée par la « grande démission », vraiment ?

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Présentée comme une vague sans précédent aux Etats-Unis, le « Big Quit » (la grande démission) serait arrivée en France selon certains observateurs. La réalité est plus complexe.

Les chiffres produits par la Dares sur les démissions au premier semestre 2022 montrent qu’un nombre important de salariés ont fait le choix de quitter leur poste. La situation est-elle similaire à celle des États-Unis où, suite aux confinements liés à la crise sanitaire, des vagues de démissions, les plus fortes en vingt ans, ont été enregistrées ?

Entre juillet 2020 et juillet 2021, les démissions de salariées en CDI ont bondi de 20 %. Si l’on fait la comparaison entre le second trimestre 2020 et le premier trimestre 2022, elles ont carrément doublé. En cumulé, depuis le troisième trimestre de 2021, ils et elles sont plus de 1,2 million à avoir franchi le pas de la démission, des chiffres qui dépassent ceux de 2007.

Si le nombre peut sembler important, une mise en perspective avec le taux de démission ramène toutefois le phénomène à des niveaux déjà connus en France. Le pourcentage est en deçà de ce que les années 2007 et 2008, par exemple, ont pu connaître : le taux de démission est monté jusqu’à 2,9 % au 3e trimestre 2008, contre 2,7 % au premier trimestre 2022.

En parallèle, le taux d’emploi est également en hausse depuis 2020, pour toutes les catégories d’âge. Et il demeure plus élevé qu’avant la crise du Covid. La vague de démissions s’inscrit donc dans un contente particulier, celui d’un « marché du travail dynamique », avec une capacité accrue des salariés à retrouver un autre poste et à pouvoir, comme le souligne la Dares, en faire un argument en faveur d’un meilleur salaire.

Il faut lier cette capacité accrue aux déclarations des entreprises sur leurs difficultés à recruter. Dans les services, elles étaient plus de la moitié (53,2%) à faire ce constat au début 2022, contre à peine 20 % en juillet 2020.

Quant aux motifs des démissions, ils sont éclairés par un sondage réalisé pour l’Anact. Les salariés interrogés y sont ainsi 40 % à se déclarer prêts à quitter leur emploi pour en trouver un autre qui soit « davantage porteur de sens ». Et 20 % affirment s’interroger sur le sens de leur travail, en raison notamment d’une rémunération et d’une reconnaissance jugées insuffisantes.