Avec les réfugiés ukrainiens, la gratuité des trains et la solidarité pour tous

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La gratuité des trains pour les réfugiés est une décision conforme aux valeurs du service public. ©PHOTOPQR/L’ALSACE/MAXPPP
Il n’y a pas les « bons » et les « mauvais » réfugiés : la fédération Cgt des Cheminots demande la gratuité des trains pour tous, par nécessaire solidarité humaine.

Au septième jour de guerre, au moins un million d’Ukrainiens auraient quitté le pays, selon les Nations unies, dont beaucoup pour la Pologne. Dès le lundi 28 février, Jean-Baptiste Djebbari, ministres des Transports, annonçait la gratuité des trains pour les réfugiés ukrainiens. Dans un Tweet, Jean-Pierre Farandou, Pdg de la Sncf, confirme : « Le drame qui frappe l’Ukraine nous frappe tous. Le groupe Sncf et les cheminots sont solidaires avec les réfugiés ukrainiens. Comme nos homologues européens, nous leur permettrons de circuler gratuitement en France à bord des Tgv et des Intercités. »

Dans une lettre, Laurent Brun, secrétaire général des Cheminots-Cgt, s’en félicite, parlant d’une «  décision conforme aux valeurs du service public et, plus généralement, de la nécessaire solidarité humaine  ». Mais demande aussi confirmation que cette mesure s’appliquera à tous les réfugiés et  d’en préciser les «  conditions réglementaires […]. Les associations d’aide aux réfugiés pourraient jouer un rôle central en délivrant [à tous] des titres de transport ou en les aidant à y accéder », souligne-t-il.  

Depuis des années en effet, et tout particulièrement en région Paca (Provence-Alpes-Côte-d’Azur) l’organisation est mobilisée pour faire reconnaître le droit des migrants à prendre le train sans contrôle. Chaque fois que l’occasion lui est donnée, elle alerte des risques pour la vie de ces hommes et de ces femmes. «  Pas plus tard qu’hier, un réfugié a été électrocuté en s’approchant trop d’un caténaire et ce, dans l’espoir de monter dans un train  », témoignait, le 3 mars, Natacha Malet, secrétaire de l’Union fédérale des cadres et agents de maîtrise (Ufcm)  de l’organisation de la Cgt cheminote, toujours en région Paca. «  Migrants-réfugiés : que reste-t-il de notre humanité ? » était, déjà en 2017, la question au cœur d’un colloque organisé par le Ce de la Sncf des Alpes-Maritimes.

La solidarité ne peut être fondée ni sur une « couleur de peau », ni sur une « origine ou religion réelle ou supposée qui amènerait [la Sncf] à sélectionner les bons et les mauvais réfugiés  », déclare ainsi Laurent Brun dans sa lettre. Une manière de prévenir : «  Les contrôleurs, les agents de la sûreté ferroviaire et le personnel en gare n’accepteraient pas de devoir appliquer un délit de faciès ou de quelconques mesures raciales.  »

M. H.