Ukraine  : les syndicats appellent à sortir de la logique de guerre et à négocier au plus vite

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Le 24 février, à 5h05, les premiers bombardements frappent la capitale ukrainienne, Kiev. ©Sergey Dolzhenko/EPA/MaxPPP
Avec les 45 organisations du Collectif national des marches pour la paix, la Cgt appelle aux initiatives de mobilisation « pour la paix et une solution négociée en Ukraine », les 26 février, 2 mars et 5 mars 2022.

Dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 février, Vladimir Poutine a annoncé le déclenchement d’une offensive russe en Ukraine. Dès 5 h 05, les premiers bombardements étaient entendus à Kiev, la capitale, alors que plus à l’est la ville de Marioupol affrontait quelques heures plus tard de nombreuses frappes tuant des civils. À l’heure où nous écrivons, les populations de plusieurs grandes villes, dont celle de Kiev, commençaient pour beaucoup à prendre la route pour la Moldavie ou la Pologne, où neuf centres d’accueil et d’hébergement ont été mis en place. Selon le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, plus de 500 000 personnes ont quitté le pays en moins de cinq jours.

« Il s’agit d’une guerre, en violation de la souveraineté d’un pays, en violation du droit international et des principes fondateurs de la Charte des Nations unies », écrivent dans une déclaration commune la Cgt, Fo, la Cfdt, la Cfe-Cgc et la Cftc, exprimant leur soutien aux populations, aux travailleurs et à leurs syndicats. Aussitôt connus les premiers bombardements sur l’Ukraine, le mouvement syndical européen en effet a, avec la Cgt, appelé «  à ce que se taisent les armes et que soit donnée place à une solution diplomatique  ». Ce jeudi 24 février, la Confédération européenne des syndicats (Ces) devait organiser une action symbolique à Bruxelles avec des centaines de syndicalistes pour réclamer de meilleurs salaires. Le rassemblement a bien eu lieu, mais a été dédié «  à la recherche du dialogue et de la paix entre la Russie et l’Ukraine  », «  en faveur de la démocratie et de la justice dans toute la région  ».

Il faut que cesse cette guerre qui « une fois encore va se traduire par des morts, des destructions et des reculs sociaux », déclarait au même moment la Cgt, réclamant la cessation «  des menaces et des livraisons d’armes à toutes les parties  ». Pour elle, le cadre des Nations unies doit être privilégié pour l’élaboration d’une solution politique et diplomatique au conflit. Avec les organisations du Collectif national des marches pour la paix, la Cgt appelle aux initiatives de mobilisation « pour la paix et une solution négociée en Ukraine », dès le samedi 26 février, avec une manifestation sur la place de la République, à Paris, à 15 heures.

La position est partagée par Sharan Burrow, la secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale (Csi) (Russie-Ukraine  : désamorcer le conflit et engager un véritable dialogue), qui, deux jours plus tôt, demandait déjà un «  règlement politique à l’est de l’Ukraine  », et ce, « conformément aux accords de Minsk » et «  tel qu’entériné par le Conseil de sécurité dans sa résolution 2022  ». «  Au lieu de construire des ponts pour la paix, d’énormes sommes ont été dépensées pour l’armement et l’armée »  : il faut que cela cesse, déclarait-elle alors, stipulant avec Luca Visenti, secrétaire général de la Ces  : le monde n’a pas besoin d’une guerre, mais «  d’un nouveau contrat social  », d’investissements « dans les personnes et les emplois, dans la paix et dans la stabilité  ». En France, dans leur déclaration commune, les cinq confédérations tiennent à rappeler, « avec force, le préambule de la constitution de l’Oit [Organisation internationale du travail] affirmant qu’une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale ».

M. H.