CentraleSupélec, en finir avec la culture du viol ?

Après la déferlante de révélations dans les instituts d’études politiques au printemps, c’est au tour de la prestigieuse école Centrale-Supélec de publier une enquête interne sur les violences sexistes et sexuelles pendant l’année universitaire 2020-2021, menée en juin et juillet auprès des 2 400 élèves de première et deuxième année  : sur 659 réponses, 51 des 196 femmes déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel et 110 de propos sexistes  ; 46 femmes et 25 hommes d’agressions sexuelles  ; 20 femmes et 8 hommes de viols…

Ces actes ont été commis par d’autres étudiants, au cours de la vie associative ou au sein de la résidence universitaire. Ces déclarations s’avèrent d’autant plus choquantes qu’aucune de ces agressions n’a fait l’objet d’un dépôt de plainte, d’une dénonciation sur les réseaux sociaux fut-elle anonyme, ni auprès de la cellule de veille créée par l’école pour lutter contre ces comportements. Ainsi, non seulement la culture du viol et du harcèlement continue d’être tolérée, mais cela reste tabou de les dénoncer, la honte pesant toujours sur les victimes et non sur les agresseurs.

La prestigieuse école d’ingénieurs, dont les récentes promotions comptent environ 20 % de filles, ne veut pas en rester là : la direction a chargé la justice d’enquêter et entend intensifier ses actions de prévention et de soutien pour aider les victimes à en parler.

V. G.