À l’étude des leçons de politique du cardinal Mazarin

Le spectacle Politichien s’inspire d’un ouvrage de ce personnage historique, qui en connaissait un rayon en matière d’exercice du pouvoir.

C’est à Paris, au théâtre Les Déchargeurs, que François Jenny montre – après l’avoir jouée lors du dernier Festival d’Avignon – Politichien, une pièce présentée comme une «  dramédie clownesque  » qu’il a écrite, mise en scène, et qu’il interprète avec Marine Barbarit. Lecteur de longue date du Bréviaire des politiciens, attribué au cardinal Mazarin (1602-1661). François Jenny a fait son miel des conseils avisés du redoutable tacticien qui fut, entre autres fonctions, régent du royaume de France durant l’enfance de Louis XIV et qui dut, à ce titre, se dresser contre la Fronde. Il disait notamment  : «  Tu peux, ce qui est souvent le mieux, accorder aux gens du peuple des faveurs qui ne te coûtent rien.  »

Une sorte de cynisme chimiquement pur

L’ouvrage constitue une suite de conseils qu’on dirait aujourd’hui pragmatiques, et qui relèvent bel et bien d’une sorte de cynisme chimiquement pur. En voici un exemple, entre tant d’autres  : «  Simule et dissimule… Quand tu as à choisir entre la facilité et la grandeur, préfère la facilité. La grandeur emmène toujours avec elle quantité d’ennuis…  » Et puis, cette autre sentence, à graver dans le bronze pour tout aspirant au plus haut degré du pouvoir  : «  Agis avec tous tes amis comme s’ils devaient devenir des ennemis…  »

François Jenny, musicien à l’origine, est progressivement devenu, à la faveur d’un stage de théâtre, un spécialiste des rôles de clown blanc. C’est avec un maquillage crayeux spécifique qu’il interprète son personnage de «  politichien  » flanqué de l’Auguste muette et impassible, à la Buster Keaton, que dessine Marine Barbarit. Lui, il représente le pouvoir et elle, la servante, le peuple.

François Jenny estime que l’ouvrage du cardinal Mazarin «  est un texte d’une actualité brûlante et d’une efficacité chirurgicale, pour comprendre les stratégies de ceux qui nous dirigent et de ceux qui aspirent à le faire…  »

Antoine Sarrazin