En immersion au musée national de la Marine dûment rénové

Après cinq années de travaux qui ont profondément modifié sa structure et l’agencement de ses précieuses collections, cette institution vieille de quatre siècles invite à un parcours radicalement autre.

Édition 047 de mars 2024 [Sommaire]

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Gloire, frégate cuirassée (1859), Atelier des modèles des arsenaux, XIXe siècle. © Musée national de la Marine / M. Tric.

Onze millions d’euros ont été consentis par le ministère des Armées pour la conception et la réalisation du nouveau musée national de la Marine, lequel a nettement modernisé son parcours muséographique au sein du palais de Chaillot. L’enjeu était de sublimer l’impressionnante collection de 900 œuvres et objets que possède cette vénérable institution fondée en 1712.

Il en va de l’histoire, des beaux-arts, des sciences et des techniques, mais aussi des traditions populaires. Plusieurs entrées sont désormais proposées pour aborder toutes les activités liées à la mer, qu’elles soient militaires, marchandes, scientifiques, de pêche, de sauvetage et de plaisance. 

Les objets phares du musée 

Le visiteur est convié à un voyage en mer, composé de quatre «  escales  » mettant en valeur les objets phares du musée et les multiples trésors de sa collection, au nombre desquels les modèles de navires. Ils témoignent d’usages divers, le premier étant d’instruire les futurs officiers de la Royale et les ingénieurs navals. Cela va des maquettes et bateaux-jouets jusqu’aux modèles les plus imposants, dépassant les 5 mètres de long  ! 

On aborde ensuite l’art de la navigation. Comment se repérait-on en mer, de l’antiquité au XXe siècle  ? Et comment s’y prend-on de nos jours  ? Dans cet espace-là, on peut mesurer l’évolution des instruments de navigation sur le globe, au moyen de cartes, de boussoles ou de lentilles de phares, depuis les premiers relevés cartographiques jusqu’au satellite Galileo.

Une des plus spectaculaires attractions de l’«  escale  », consacrée à la sculpture navale, est sans conteste, flottant au-dessus d’un oculus lumineux, La Réale, galère ambassadrice du Roi-Soleil, qui trône au milieu de spectaculaires figures de proue. La décoration des navires d’antan, répondant à des usages tant esthétiques que techniques et politiques, avait pour but de somptueusement représenter le pouvoir. 

Vues des ports de France par Joseph Vernet

Louis XV avait commandé quinze Vues des ports de France au peintre Joseph Vernet (1714-1789). Le musée national de la Marine en expose treize, vrais chefs-d’œuvre où se lisent à merveille, sous des cieux infiniment contrastés, les scènes portuaires et maritimes de l’époque.

Une autre caractéristique du nouveau musée national de la Marine est à voir dans les «  traversées  » qui traitent des enjeux maritimes d’hier, d’aujourd’hui et de demain. Sont d’abord explorées les routes des marchandises arrivées par voie maritime. À partir du Havre, le visiteur, entouré de conteneurs, est à même de considérer l’ensemble des activités portuaires et les personnels qui s’y emploient, ainsi que les énergies mises en œuvre en mer  : la pêche, les loisirs et le sport nautique.

Au chapitre des tempêtes et des naufrages 

Sous l’image mobile d’une vague immense, nous voici au chapitre effrayant des tempêtes et naufrages, dangers affrontés grâce à la solidarité des gens de mer, au droit maritime, au sauvetage et à l’archéologie sous-marine avec, par exemple, des objets retrouvés dans des épaves célèbres. 

À la fin sont largement évoquées les missions de la Marine nationale depuis le XVIIIe siècle, avec un focus sur les innovations techniques et technologiques. Jusqu’au 5 mai, une exposition temporaire, «  Objectif mer, l’océan filmé  », propose plus de 300 œuvres – affiches, costumes, photographies, éléments de diorama – ainsi que des extraits de nombreux films, du Cuirassé Potemkine aux Dents de la mer, entre autres prodigieux stimulants de l’imaginaire.