Platines – Bach again : youpi Goldberg  !

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On pensait que les variations Goldberg avaient été épuisées par leurs multiples interprétations. Bruno Procopio nous prouve le contraire avec brio.

«  Jeune, quand on regarde l’Everest, on se dit qu’un jour on va le gravir  ; il faut se préparer, mais surtout, un jour, il faut y aller…  » Bruno Procopio a attendu quarante-six ans pour s’attaquer à son Everest, Les Variations Goldberg. Et le résultat est prodigieux. Le Franco-Brésilien offre une version toute personnelle et aux mille facettes de ce sommet du clavecin  : variété des accents, richesse des nuances, passant de la méditation au chant, à la poésie, surprenant par des rebonds inattendus, juste et mesuré dans ses ornementations. Il y a de la vie dans ces Goldberg dont tout a été dit.

Commandées par le comte Von Keyserling à Bach pour tromper ses nuits d’insomnie et jouées dans un salon contigu à la chambre de l’ambassadeur par un élève du Cantor, le jeune Johann Gottlieb Goldberg, la partitions’ouvre sur une paisible et douce aria aux allures de sarabande pour progresser tout au long des trente variations – un condensé de danses, de toccatas, d’inventions tout à tour tendres, joyeuses ou mélancoliques – avant de revenir au thème initial. La sonorité de l’instrument sur lequel joue Procopio, la copie d’un Ruckers, est, elle, tout simplement sublime.

Ulysse Long-Hun-Nam