Platines – Changement de ton avec Domenico Scarlatti

Le pianiste italien Giulio Biddau prend quelques libertés avec les tonalités et les tempi des sonates de Scarlatti. Il surprend parfois, mais imprime sa marque.

Scott Ross, Blandine Verlet, Pierre Hantaï, Lillian Gordis, Andreas Staier, au clavecin. Vladimir Horowitz, Clara Haskil, Christian Zacharias, Racha Arodaky, au piano… Et, aujourd’hui, Giulio Biddau. Ce nouveau récital de sonates de Domenico Scarlatti ne tranche pas le débat autour de l’instrument le plus approprié pour interpréter un corpus qui, deux siècles et demi après la mort de son auteur, garde son lot de mystères. 

Il ne dit rien non plus des raisons qui ont conduit le Napolitain, resté dans l’ombre de son père jusqu’à la mort de celui-ci, à consacrer toute son énergie à l’écriture de sonates aux mélodies feuilletées, aux couleurs harmoniques si particulières, entre ivresse, poésie, allégresse et mélancolie. Y a-t-il un ordre, autre que chronologique, aux 555 sonates  ? La seule chose que l’on sache est que Scarlatti a conçu certaines sonates en diptyque ou en triptyque. 

Pour cet enregistrement, Giulio Biddau a exhumé l’édition von Bülow, de 1864. Pour plaire au public allemand, le pianiste et chef d’orchestre avait regroupé dix-huit sonates pour en faire des suites, en prenant quelques libertés avec les tonalités et les tempi. Le résultat peut parfois surprendre, tellement il paraît éloigné des canons du XVIIIe, mais l’auditeur pourra se reporter à l’autre disque de ce double album, qui reprend les mêmes sonates dans une version plus «  originale  ».

  • Giulio Biddau, Scarlatti to Scarlatti, 2 Cd Aparté, 23 euros.

Ulysse Long-Hun-Nam