Platines – George Enescu : Apap… de géant

Il y a au moins deux bonnes raisons d’acheter Impressions d’enfance. La première  : se familiariser avec l’univers de George Enescu, le plus grand compositeur roumain. Né en 1881, il a laissé une trace inversement proportionnelle à sa production, 33 opus officiellement recensés. Manifestant très tôt des dons exceptionnels pour la musique, il est envoyé, à Vienne à l’âge de 7 ans, où il fait la connaissance de Brahms. Établi ensuite à Paris, il y rencontre une autre figure marquante, Gabriel Fauré, qui le forme à la composition. Et à qui il rend hommage dans sa Pièce sur le nom de Fauré, pour piano seul.

Les influences brahmsiennes sont tout aussi marquées dans le premier Quintette pour piano (1896), avec des quasi citations du Trio pour piano n°1 et du Premier quatuor à cordes, de Brahms. Mais ces œuvres de jeunesse révèlent aussi une personnalité forte et originale dont l’audace d’écriture, la relation au temps musical et au rythme se révèlent superbement dans la partition qui donne son titre à l’album.

L’autre belle surprise de cet album est de retrouver Gilles Apap. Musicien atypique, se faisant rare en France, le violoniste tire des sonorités irrésistiblement joyeuses, marie comme nul autre les œuvres du répertoire au folklore traditionnel, tzigane, irlandais ou indien, reliant le passé au présent. Yehudi Menuhin, qui fut l’élève d’Enescu, disait de lui  : «  Il est un exemple de ce que doit être un musicien du XXIe siècle.  »

Ulysse Long-Hun-Nam

Impressions d’enfance. George Enescu.

Gilles Apap (vl.), Diana Ketler (p.), Ensemble Raro. 1 CD Solo Musica. 19 €