L’édito – Égalité femmes-hommes : du respect !

Le 8 mars, journée de lutte internationale pour le droit des femmes, l’appel à la grève déposé par l’intersyndicale CGT-FSU-Solidaires et les associations féministes a mobilisé des milliers de personnes en France, dont 35 000 à Paris.

Cet appel fait suite au constat accablant de la persistance des inégalités salariales entre femmes et hommes dans toutes les catégories socioprofessionnelles. Les femmes ingénieures, cadres, techniciennes ou professions intermédiaires ne sont pas épargnées.

En France, la situation des femmes est paradoxale et contradictoire. Les chiffres démontrent une progression constante du nombre de femmes en emploi. Elles représentent aujourd’hui 48 % des travailleurs. Elles sont dorénavant en moyenne plus diplômées que les hommes. Depuis 1946, l’égalité femmes-hommes est inscrite dans la Constitution française, c’est un droit fondamental.

Un arsenal législatif a été mis en place pour contraindre les employeurs à prévoir un salaire égal pour un travail de valeur égale. Pourtant, les inégalités restent d’actualité.

L’écart de salaire entre les hommes et les femmes est de 28,5 %, tous secteurs confondus, soit plus d’un quart de salaire en moins par rapport aux hommes. Sur l’échelle d’une journée de travail, c’est comme si, à partir de 15 h 40, elles travaillaient gratuitement aux côtés de leurs collègues masculins.

Les raisons sont multiples et très bien identifiées. Elles subissent le « plafond de verre ».

À diplômes équivalents, elles sont moins rémunérées que les hommes et accèdent plus difficilement aux postes d’encadrement et aux fonctions les plus rémunérées. En résumé, elles sont plus souvent cadres de proximité que gestionnaires de grands comptes…

Puis, viennent les « parois de verre ». On pouvait penser que l’arrivée des femmes dans le monde du travail y entraînerait une véritable mixité. En réalité, les métiers demeurent très sexués et les femmes sont surtout venues renforcer les métiers peu valorisés du soin, du lien, de l’enseignement, du secteur tertiaire, .

Enfin, la responsabilité familiale leur incombe encore majoritairement : 78,9 % des temps partiels sont occupés par des femmes. Lorsqu’elles ne souhaitent pas être à temps partiel, c’est la double journée qui débute. Journée de travail, tâches domestiques et responsabilité familiale se cumulent en vingt-quatre heures. Ce temps contraint les met directement en concurrence avec leurs collègues masculins plus disponibles pour des heures supplémentaires et bénéficiaires des primes au « mérite ».

Le cumul de ces inégalités a un effet direct sur les pensions de retraite, qui sont de 42  % inférieures à celles des hommes.

Ce que demande la Cgt c’est l’égalité, le respect de la loi et du temps pour partager vie professionnelle et vie familiale, la fin du présentéisme qui les pénalise, et la revalorisation des métiers à prédominance féminine. Mais aussi, la fin du sexisme et des violences : 80 % des femmes disent en avoir subi les conséquences sur leur lieu de travail.

Bref, en un mot  : du respect !

Emmanuelle Lavignac