Digitalisation : Agenda syndical

Syndicalisme : connexions ou déconnexion ?

Plusieurs dizaines de millions de tâcherons œuvrent en ce moment même sur des plateformes mondialisées. En Belgique, des robots humanoïdes accueillent et orientent désormais des patients de certains hôpitaux. L’économie numérique s’impose. Plus vite qu’on ne pourrait le penser. Qu’elle se traduise par l’explosion du travail sur les plateformes numériques, le développement des usines intelligentes, des imprimantes 3D ou de l’intelligence artificielle, elle ne relève plus du « management-fiction ». Alors ? La régulation des relations entre robots, concepteurs et utilisateurs deviendra-t-elle une priorité du syndicalisme ? Et d’ailleurs quelles seront ses priorités ?

Le travail au feu, les cadres au milieu ?

Surfant sur le rejet du lean management et l’aspiration des jeunes diplômés à davantage d’autonomie, un projet managérial se diffuse sous le vocable alléchant d’« entreprise libérée ». Loin d’être une simple mode de plus, il s’agit d’une tentative de trouver un point de convergence entre de nouveaux besoins de consommation, de nouveaux modèles organisationnels et une génération nourrie aux utopies de Mai 68, aspirant à la liberté et au bonheur. Le prix à payer, donc, au caractère insoutenable des organisations actuelles du travail, engendrant dégradation des conditions et de la santé au travail, démotivation et absentéisme. Mais le « remède » pourrait fort bien s’avérer au moins aussi délétère que le mal…

Conflits : là aussi, restructurations en cours

Le travail est sans cesse l’objet de mutations majeures, transformant en profondeur son marché, ses organisations, ses outils, ses territoires et ses dimensions juridiques. Ces bouleversements affectent logiquement le rôle et les capacités des organisations syndicales. Ils accouchent également d’une conflictualité qui recherche des formes nouvelles d’expression. Notre table ronde avec Karim Lakjaa, secrétaire de l’Ufict-cgt du Grand Reims, Jean-Luc Molins, secrétaire de l’Ugict-Cgt, Catherine Vincent, chercheuse à l’Ires.