1er mai, pour des réponses aux aspirations sociales et environnementales

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Au coeur de l’appel de la Cgt pour un 1er mai revendicatif : le rejet de la réforme des retraites. DR
Les organisations Cgt, Unsa, Solidaires, Fsu, Unef, Vl, Mnl et Fidl ont appelé à faire de cette journée un temps fort de mobilisation pour les salaires, les pensions, la protection sociale et la paix.

L’extrême droite a été battue  : « C’est une bonne nouvelle pour la démocratie et pour nos libertés individuelles et collectives », souligne la Cgt au lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron. Mais une réélection pour quoi faire  ? Celle-ci, poursuit la Cgt, « est majoritairement l’expression d’un rejet de l’Extrême droite qui se traduit, aussi, dans la progression de l’abstention, des bulletins blancs et nuls. Le Président de la République ne peut et ne doit ignorer cette réalité, en se targuant d’un vote d’adhésion ». Si l’abstention a en effet atteint un niveau le plus élevé depuis 1969, plus de trois millions de bulletins blancs ou nuls ont également été comptabilisés.

Toutes les tendances observées en 2017 se sont ainsi accentuées. L’analyse du vote des jeunes est à ce titre très éclairante, Marine Le Pen étant arrivée en tête chez les 25-34 ans selon OpinionWay, à la bagarre avec Emmanuel Macron chez les 18-24 ans  : 47  % des voix pour la candidate Rn et 53  % pour le président réélu. Si les questions environnementales étaient pour eux le seul motif de rejet du candidat Macron, ils ne se seraient pas pour autant tournés vers l’extrême droite… Leur vote est aussi l’expression que sa politique a aggravé les inégalités sociales et territoriales, le seul signe à leur égard consistant à vouloir faire, « en leur nom », une nouvelle réforme des retraites.

Retraites  : un rejet profond de la réforme portée par Emmanuel Macron

La promesse est ainsi celle de devoir travailler plus longtemps. La réforme des retraites ? «  Il faudra la faire » a assuré Elisabeth Borne au lendemain de l’élection, sans garantie « qu’il n’y aura pas de 49.3 » pour y arriver, selon les propos de Bruno Le Maire. Peu importe, au fond, que l’argument financier, visant à alarmer sur une possible dérive des comptes, ne tient pas.

« Il faudra la faire ». Alors que le report de l’âge est rejeté par 70  % de la population a montré un sondage Elabe publié le 22 mars dernier. Alors que 50  % des cadres veulent le retour à la retraite à 60 ans, a mis en évidence, en novembre 2021, le huitième baromètre annuel de l’Ugict-Cgt sur les opinions et les attentes des cadres (dossier de presse  : opinions et attentes des cadres 2021 sur le site de l’Ugict-CGT). Ce rejet de la réforme portée par Emmanuel Marcon est profond  : il est au cœur de l’appel pour 1er mai revendicatif autour des exigences sociales et environnementales. « La mobilisation du 1er mai est centrale, souligne l’Ugict-Cgt, pour dire que personne n’a mandat pour remettre en cause notre retraite ou pour casser à nouveau le Code du travail ».

Le rejet de la réforme des retraites n’est en effet pas le seul argument de mobilisation. Première préoccupation des Français, le pouvoir d’achat, entamé par l’essor des dépenses contraintes comme l’énergie ou l’alimentaire, est devenu d’ailleurs le prétexte pour annoncer la suppression de la contribution à l’audiovisuel public. Dans le programme d’Emmanuel Marcon, il n’est envisagé que sous l’angle du court terme et du temporaire  : baisse ciblée des carburants, chèque alimentaire ou… augmentation de la prime dite « Macron », sans impôts ni cotisations, jusqu’à 6000 euros, quitte à affaiblir davantage le financement de la protection sociale.

Remises en cause du modèle social français

Rien sur la reconnaissance des qualifications. Rien ou presque sur les salaires. De manière automatique au regard de l’inflation (+4,8 % depuis un an selon l’Insee), le Smic sera revalorisé de 2,65 % le 1er mai, mais sans coup de pouce. Le point d’indice de la Fonction publique devrait être «  dégelé  » d’ici l’été, mais sans plus de précisions, alors que la perte du pouvoir d’achat des fonctionnaires dépasse les 10 % en une décennie.

Pour la Cgt, le gouvernement doit mettre en place l’automaticité du relèvement des minimas de branche en dessous du Smic et imposer l’ouverture de négociations salariales suivant toute augmentation du Smic afin de rétablir l’échelle mobile des salaires. Dans leur expression commune, les organisations syndicales Cgt, Unsa, Solidaires, Fsu, Unef, Vl, Mnl et Fidl se prononcent «  pour une rupture profonde en matière salariale et pour les pensions (…). Le 1er mai, exigeons des mesures fortes et générales d’augmentation des salaires et des pensions, des bourses étudiantes et un plan de rattrapage des pertes accumulées  ». 

Pour la paix et la solidarité internationale

Avec des allocations chômage sous conditions, l’obligation de travail pour les allocataires du Revenu de solidarité active la mise sous contrôle de l’Unedic par l’État, Emmanuel Macron entend pourtant poursuivre sa logique de remise en cause du modèle social et aller encore plus loin. Le Code du travail, lui, a été de son quasi-absent de ses propositions de campagne. Et pour cause  : les Ordonnances de 2017 ont déjà fait le travail.

Ce qui resterait à faire en revanche, c’est franchir un nouveau pas dans l’autonomie des universités, dans le prolongement des réformes amorcées il y une dizaine d’années et, plus généralement, d’imposer l’introduction de la concurrence dans l’éducation. À rebours de cette logique, les organisations syndicales veulent défendre et conforter le modèle social, en demandant notamment la suppression de la réforme d’assurance-chômage. Enfin, « fidèle à sa tradition internationaliste, le mouvement syndical placera aussi ce 1er mai sous le signe de sa solidarité avec le peuple ukrainien et tous les peuples victimes des guerres  ».

Christine Labbe