Platines – Quatuor Lontano

La vie de Bohême

Au retour d’une tournée en Allemagne qui avait tourné au fiasco, en 1886, Saint-Saëns prit le temps de se poser en Tchécoslovaquie, alors sous domination austro-hongroise. L’histoire ne dit pas s’il y fit la connaissance de Dvorák. Ce qui est sûr, c’est qu’il ne put entendre la musique de Vladimír Sommer, celui-ci ayant vu le jour l’année de la mort du compositeur français, en 1921. Moins connu que son aîné, Sommer a lui aussi sacrifié à l’art du quatuor à cordes. Son premier quatuor, typiquement slave, attachant et aux sonorités envoûtantes, porte moins les traces de ce mélange entre musique savante et folklore populaire qu’affectionnaient tant Dvorák et Janácek et qui était l’expression des luttes sociales et de la révolte d’une population contre l’oppression étrangère. Le Quatuor américain d’Anton Dvorák, bien que résonnant des musiques noires, exprime la nostalgie de la terre natale, des bruits de la nature et du chant des oiseaux. La Sonate à Kreutzer, qui complète le programme du Quatuor Lontano, est, elle, inspirée du roman de Tolstoï et raconte l’infâme assassinat d’une femme par son mari jaloux. On y retrouve les couleurs caractéristiques de la musique de Leos Janácek. Chaque instrument campe un personnage et déroule des sentiments qui vont de la séduction à l’innocence, du doute jusqu’au drame. Un bel hommage à l’école tchèque…

Quatuor Lontano. Sommer, Janácek, Dvorák.

Quatuor no 1, Sonate à Kreuzer, Quatuor américain.

1 Cd Cascavelle. 15 euros.

Ulysse Long-Hun-Nam