« L’infini turbulent » de Boris Labbé

Aix-en-Provence accueille les expérimentations audiovisuelles de cet artiste, qui combine l’image numérique en mouvement avec le cinéma d’animation.

Boris Labbé, «  L’infini turbulent  » (© Boris Labbé).

Boris Labbé est né en 1987 à Lannemezan (Hautes-Pyrénées). Il étudie à l’école des Beaux-Arts de Tarbes, puis à l’école d’animation d’Angoulême. Cette double formation est manifeste dans sa pratique, où se mêlent le dessin traditionnel et le cinéma d’animation. Depuis presque une décennie, il réalise des vidéos, au sein desquelles il anime des dessins, le plus fréquemment à l’encre et à l’aquarelle, qu’il retravaille ensuite sur ordinateur.

Ses courts-métrages et ses installations vidéo témoignent d’univers fantasmatiques, semés de références à la culture classique occidentale, tant dans le champ littéraire que dans l’histoire de l’art. C’est ainsi que sous le titre «  L’infini turbulent  », emprunté au poète Henri Michaux, il montre de ses œuvres à Aix-en-Provence.

Il participait en décembre, à l’église de la Madeleine (celle d’Aix-en-Provence), à un mapping projeté sur la façade rénovée de cet édifice religieux. Un mapping consiste en une représentation graphique inspirée de la théorie des jeux combinatoires inventée par le mathématicien John Horton Conway.

Pour l’heure (jusqu’au 20 février), à l’Espace culturel départemental, sis au 21 bis cours Mirabeau, Boris Labbé propose un parcours qui présente deux de ses premières œuvres d’animation, Il(s) tourne(nt) en rond (2010) et Kyrielle (2011). La première est une relecture actuelle d’un tableau de Pieter Bruegel le Jeune (vers 1620) et l’autre une installation vidéo réalisée avec 285 dessins à l’aquarelle, retravaillés sur ordinateur. Face à un écran blanc, le spectateur découvre une infinité de personnages colorés qui s’animent au contact les uns des autres.

La Chute, un film sur l’angoisse contemporaine de la disparition

Il y aussi une série de fusains et d’eaux-fortes (de 2015), dans une approche plus classique, qui rappelle Goya, plus un court métrage (de 2016), la Chute, qui allie les grands mythes fondateurs de la civilisation occidentale à l’angoisse contemporaine de la disparition.

Enfin, au Musée des tapisseries, l’artiste montre notamment (jusqu’au 6 mars) une recréation de la scénographie qu’il conçut pour le Lac des cygnes (en 2020) dans la chorégraphie d’Angelin Preljocal.

Boris Labbé, L’infini turbulent

Espace culturel départemental – 21 bis cours Mirabeau, 13100 Aix-en-Provence

Antoine Sarrazin