Réforme hospitalière : des détails encore flous

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Alexis Sciard/Ip3/Maxppp
Les modalités de mise en œuvre des mesures les plus emblématiques de la réforme ne sont pas connues.

La fin : assurer un maillage territorial et des synergies entre « médecine de ville, médico-social et hôpital, pour mieux répondre aux besoins de soins de proximité ». Les moyens : revivifier les ressources humaines, en repensant les métiers et la formation des professionnels de santé. La suppression du numerus clausus et la réforme des études de santé par l’instauration de passerelles devraient ainsi permettre de former davantage de médecins, peut-être à compétences et formations variables, et davantage de professionnels ayant vocation à travailler dans le secteur.

Un nouveau métier d’assistant médical (Am) doit également voir le jour : 4 000 personnes sont censées occuper cette activité d’ici à 2022. Les Am seraient habilités à accomplir les tâches administratives des médecins, mais également certains actes médicaux simples – tension, changements de pansements, vaccins etc. S’agirait-il d’un statut proposé également à certains aides-soignants, infirmiers, personnels administratifs ? Quel niveau de qualification serait exigé et reconnu ?

Quant aux médecins de ville, ils devront se coordonner avec les autres acteurs du secteur, intervenir en complémentarité avec les établissements qui les sollicitent, notamment sur les urgences. Mille Communautés professionnelles territoriales de santé (Cpts) supplémentaires doivent être créées d’ici trois ans, pour être en capacité de rassembler la médecine polyvalente et les « soins non programmés » – autrement dit les urgences –, l’accueil des personnes âgées, les actes de biologie, d’imagerie, la télémédecine.

Au niveau du dessus, 500 à 600 « hôpitaux de proximité » doivent être labellisés et accueillir des services médicaux plus fournis. La « gradation des soins » culmine avec les Chu, centrés sur l’excellence et les soins spécialisés. Des regroupements au risque de nouvelles suppressions de services, de lits, de postes ?

Le numérique doit par ailleurs faire l’objet de 500 millions d’euros d’investissements, pour qu’en trois ans les prescriptions et les dossiers médicaux soient dématérialisés, afin de faciliter la coordination des soins. Ce catalogue non exhaustif de mesures est censé s’inscrire dans un objectif national annuel des dépenses d’assurance maladie (Ondam) qui n’augmenterait que de + 2,5 % chaque année, soit seulement 400 millions de plus par an – la Cgt estime qu’il faudrait au minimum une augmentation annuelle de + 5 % pour sortir l’hôpital de la crise. Ce, alors que la Cnam veut économiser 2 milliards d’euros l’an prochain…

Valérie Géraud